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Frédéric Sabouraud
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Une autre langue
Le mur

A la première visite, il n’avait pas compris mais sentait l’oppression : une fois franchies les marches de la cour d’honneur, passée la casemate vitrée du gardien à l’entrée, descendu l’escalier qui s’enfonce lentement dans les profondeurs, franchi un sombre couloir où résonne le tumulte d’intermittents convois, arpenté les petites ruelles propres et désertes comme le quartier des Banques de Genève après six heures du soir, les pavillons entrelacés où se tortille, immobile, la chenille argentée de chariots tirés par un tracteur semblaient d’un autre monde, propre et inhabité, un projet d’architecte, un village témoin qu’on aurait oublié. Au dedans, ça ne raccordait pas avec l’en dehors, tout près mais de l’autre côté.